Camille Pouponneau, candidate d’un projet citoyen

Camille Pouponneau, conseillère départementale du canton de Toulouse 7 (Brax, Colomiers, Pibrac) est candidate à l’élection municipale de Pibrac.

Elle mènera en mars prochain, la liste « Demain Pibrac 2020 ».

Entretien pour By Toulouse avec la candidate.

Camille Pouponneau - ©Laurent BELET

Vous avez sollicité les citoyens pour l’écriture de votre projet. Quel a été le constat des pibracais ?

Nous sommes vraiment partis d’une page blanche et nous avons écrit les propositions des habitants lors des ateliers de concertation. On ne voulait pas faire des ateliers de façade. On a fait cinq soirées avec environ 100 personnes pour chacune d’entre elle. Sur l’ensemble des ateliers, on a récolté 400 idées dont 120 prioritaires. Selon la méthode, on a demandé aux participants de prioriser les propositions écrites.

Aujourd’hui, nous travaillons tous les sujets dans la transversalité. Nous regroupons certaines propositions qui répondent à la même question. A partir de cette base faite par les pibracais, on vient les compléter sur des sujets importants qui n’ont pas été évoqués. L’objectif est de présenter à la fin du mois de janvier le programme.

Y a-t-il des sujets qui sont ressortis des ateliers ?

"Sur les mobilités, il y a d’énormes carences !"
Camille Pouponneau
Tête de liste "Demain Pibrac 2020"

Bien évidemment, on avait repéré les sujets ultra-sensibles sur les déplacements.

Les Pibracais vous disent : « On ne comprend pas. Il y avait des solutions simples à mettre en place depuis des années et ce n’est toujours pas fait ». Je pense qu’il y a des actions de bon sens qui n’ont donné lieu à aucunes pistes de réflexion ou d’action depuis ces dernières années.

Par exemple, il y a des grandes difficultés d’accès aux établissements scolaires que ça soit le groupe scolaire du Bois de la Barthe, autour de l’école maternelle Maurice Fonvieille ou de l’école de la Salle. On constate aussi le manque de pôle multimodal puisqu’à la gare, il n’y a pas de liaison bus et le sud de la commune n’est pas desservi par le 32. Il n’y a pas de travail sur la future liaison de Pirac à la troisième ligne de métro. On n’a pas développé l’accès en mode doux par piste cyclable rattachée à Colomiers. Sur les mobilités, il y a d’énormes carences !

Deuxième point, on manque de convivialité à Pibrac. On manque d’endroit pour se retrouver, pour échanger. Il faut recréer du lien. C’est un point fort qui ressort et beaucoup ont trouvé que ces dernières années, la mairie travaillait moins avec le tissu local.

Je vois des locaux commerciaux qui sont vides en centre-ville. Je vois une fête de la musique qui existait sur l’esplanade et qui n’existe plus que chez les commerçants. Je vois une fête locale où cette année il y avait très peu de monde et qui a d’ailleurs changer d’endroit.

Il y a des choses qui ont été faites et réussies comme le déplacement du feu d’artifice derrière la Basilique. C’est très beau, ça regroupe beaucoup de monde mais ce sont des choses anecdotiques par rapport à l’ensemble du bilan. Il reste beaucoup de choses à faire.

Si vous êtes élue, allez-vous continuer à placer le citoyen au cœur des décisions ?

"Nous remettrons le citoyen à chaque étape de la décision."
Camille Pouponneau
Candidate aux élections municipales de Pibrac

Selon moi demain, il faut qu’à chaque étape de la décision, on puisse associer les citoyens, alors que ce n’est pas le cas aujourd’hui. Un exemple ? Le projet Coustayrac. Il y a un énorme projet d’urbanisme qui est en cours à Pibrac: en entrée de ville, 10h de terres agricoles sont devenues constructibles. Ce serait des bâtiments à R+4, ce qu’il n’existe nulle part ailleurs à Pibrac. Il n’y aucun endroit dans la ville où vous avez des bâtiments de 4 étages.

Selon l’étude d’impact, ce serait  plus de 1878 voitures soit le double des voitures qui passent actuellement dans l’entrée sud de Pibrac. Le projet va augmenter de 14% de gaz à effet de serre alors que Monsieur Costes a voté – et je m’en réjouis – le Plan Climat Air Energie de la Métropole qui prévoit de diminuer de 30% les gaz à effet de serre d’ici 2030. Là, il s’apprête à signer un projet qui va les augmenter de 14% à lui seul. Ce projet est fait sans aucune concertation.

Dernièrement, il y a même eu une réunion organisée par les porteurs de projet. On a refusé l’accès à des Pibracais. C’était uniquement sur invitation personnelle pour les riverains ou commerçants ciblés. Aucune information ou échange avec la population pibracaise.

Ce n’est pas ainsi que nous souhaitons travailler une fois élus : nous allons faire des propositions fortes en la matière : par quartier, sur l’urbanisme avec une grande concertation. Nous remettrons le citoyen à chaque étape de la décision.

Avec l’arrivée de la 3ème ligne de métro à Colomiers, vous n’avez pas peur d’une urbanisation massive à Pibrac ?

Vous avez des contraintes obligatoires. Pibrac est obligé de construire 130 logements par an. Si nous ne le faisons pas, le préfet peut préempter et le faire à notre place. Que ce soit Monsieur Costes ou moi, nous sommes obligés de construire.

En revanche, je ne prendrai pas la direction de Bruno Costes. Je ne validerai pas des projets concentrant plus de 500 logements et du R+4. Ce n’est pas comme ça que je veux construire la ville. Nous pouvons créer 130 logements par an avec des petits collectifs à taille humaine où les gens se connaissent, peuvent échanger, ont accès au centre du village, ont accès aux équipements publics et non pas du R+4 en entrée de ville sans transport en commun. On a de très belles pistes pour revitaliser le centre-ville qui viennent rompre avec la situation actuelle. On veut s’entourer de professionnels pour réussir la métamorphose.

Votre liste est-elle prête ?

La liste sera dévoilée au cours du mois de janvier. Je voulais d’abord travailler le projet et ensuite voir les colistiers. Quand on fait des alliances de circonstance sans être d’accord sur les valeurs et sur où on veut mener la ville, vous avec une partie de votre équipe qui vous quitte, comme cela s’est passé avec le maire actuel. Il faut s’assurer d’abord qu’on a la même vision des choses, les mêmes valeurs et le même projet.

Ce sera une liste de rassemblement avec un équilibre des âges bien sûr et des quartiers. La ville de Pibrac étant très étendue, vous avez des réalités différentes sur chaque secteur. Il y a un équilibre des professions. C’est important pour moi la présence de profils différents : de cadres, d’ouvriers, de commerçants, d’employés, de professions libérales…

Je veux également agréger des compétences qui sont issues du monde de l’entreprise, du milieu associatif et de l’engagement citoyen sur certains sujets. 

Est-ce que vous resterez conseillère départementale en cas de victoire aux municipales ?

"La mairie de Pibrac n'est pas un tremplin !"
Camille Pouponneau
Conseillère départementale du canton de Toulouse 7 (Brax - Colomiers -Pibrac)

Je finirai mon mandat par respect pour les gens qui m’ont élue donc oui jusqu’en mars 2021.

Ensuite ma décision est claire, la mairie de Pibrac n’est pas un tremplin : je m’engage à ne pas briguer de mandat national pour les années à venir. Je ne me présenterai à aucune élection nationale. Monsieur Costes prendra-t-il le même engagement ?

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