Chronologie d’une contre-manifestation

14h : « Stop à l’irresponsabilité des usurpateurs en jaunes ». Les majuscules de la banderole annoncent la colère noire des commerçants de la ville. Deux mois après leur dernier rassemblement, les Gilets Jaunes ont appelé à « déconfiner la colère » qui perdure depuis presque 2 ans.

La banderole des commerçants ©ByToulouse

Pour la première fois en 18 mois, le Préfet de Région Etienne Guyot interdit la manifestation pour des raisons sanitaires et de vie économique. « Il n’est pas possible d’avoir une manifestation alors qu’on est en urgence sanitaire, que les commerces ont fermé pendant deux mois. Il faut laisser reprendre la vie. » déclare Etienne Guyot dans un communiqué.

Le rendez-vous était fixé à 14h, place Saint-Georges. Par groupe de 10 personnes, les commerçants se sont réunis pour exprimer leur ras-le-bol face aux casseurs qui entravent leur activité. Jean-Jacques Bolzan, adjoint au Maire en charge des commerces a salué à distance les participants et réaffirmé son soutien aux commerçants.

Un commerçant face à une Gilet Jaune ©ByToulouse

14h05: Alors que le « rassemblement découpé » se déroule pacifiquement à Saint-Georges, les Gilets Jaunes s’infiltrent et prennent à partie les professionnels. Ils leur reprochent l’organisation de cette contre-manifestation portée par la fédération des commerçants de Toulouse. « On en a marre des Gilets Jaunes ! Sortez du groupe si vous ne manifestez pas ! » s’exclame en réponse la commerçante.

Echanges vifs entre une commerçante et un Gilet Jaunes ©ByToulouse

Les chants résonnent pour faire taire la voix des commerçants. Des invectives pleuvent du côté des Gilets Jaunes : « Tous escrocs commerçants », « Tenez vos commerces au lieu d’exploiter ».

Le Gilets Jaunes chante ©ByToulouse

14h10 : Les échanges s’enveniment et les face à face se succèdent. Smartphone à la main ou à la perche, la Gilets Jaunes filme avec exaltation et réjouissance ses altercations avec des commerçants à bout de souffle.

©By Toulouse

Le confinement a été un coup de grâce pour leur activité. La reprise des manifestations du samedi sonnerait la mort du commerce de proximité, des artisans, des indépendants qui valorisent le savoir-faire et une qualité inégalée. Les toulousains fuient le centre-ville et privilégient aujourd’hui les centres commerciaux. Les « révolutionnaires » s’extasient devant leur mort.

©ByToulouse

14h15 : Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole, manifeste son soutien aux commerçants. Il répond à la presse au coin de la place tout en rappelant les distanciations physiques qui doivent s’imposer entre journalistes.

Jean-Luc Moudenc et Jean-Jacques Bolzan ©By Toulouse

14h20 : Les passants et automobilistes s’agacent face à l’occupation de l’espace. Certains prennent part à la manifestation. « Soutien aux commerçants » scande une passante. Les habitants à leur fenêtre regardent le triste spectacle. Les esprits s’échauffent entre ce commerçant et le jeune à la pochette de marque qui soutient verbalement les Gilets Jaunes. Le président de l’association « Carré Baragnon » s’interpose et tempère les deux personnes.

Le président de Carré Baragnon s’interpose ©ByToulouse

14h25 : Les forces de l’ordre interviennent et dispersent les fauteurs de trouble. Au mégaphone, le policier rappelle le règlement. Les Gilets Jaunes prennent la rue de la Pomme avant de revenir par la rue du Colonel Lieutenant Pellissier. L’intervention est encouragé par les commerçants qui chantent « On aime la police ».

Les forces de l’ordre interviennent ©ByToulouse

14h30 : Les commerçants enroulent la banderole. L’objectif n’était pas de bloquer la place toute l’après-midi mais prouver que les derniers Gilets Jaunes ne représentent aucunement les français. Ils sont dictés par une idéologie et non par la volonté de créer une nouvelle société.

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