Une journée d’exception dans l’Aude, guidée par Aud’Étour

Cet été, les français privilégient le tourisme de proximité. Ils découvrent les richesses de leur territoire et contribuent grandement à la relance de l’économie locale. Les toulousains traversent régulièrement l’Aude pour rejoindre la côte méditerranée. Néanmoins, ils méconnaissent les atouts et le charme du département limitrophe.

Pascale Le Floch explore quotidiennement les paysages audois, à la recherche de sites chargés d’émotions. Il y a 14 ans, cette native de Paris s’installe à Limoux, capitale de la blanquette. Elle est stupéfaite par la variété de paysages qu’offrent les terres audoises. Au gré des rencontres et des lectures, elle s’immerge dans la culture et l’histoire du patrimoine. L’Aude a désormais une ambassadrice de taille.

Pascale Le Floch, gérante d’Aud’Étour

Pascale partage son amour pour ce département d’adoption. En 2017, elle crée l’agence de voyage et réceptive Aud’Étour. Son expérience, aiguisée par une curiosité sans faille, personnalise vos vacances dans les moindres détails.

« Je demande toujours les centres d’intérêts et les conditions physiques des personnes. Ses détails ont une importance majeure dans l’organisation du parcours. Je veux que le client profite pleinement de son séjour. Il ne doit pas subir le voyage ! » présente Pascale Le Floch.

Ce matin, la « fille du pays » prend la direction de Gruissan. Cap sur les Salins de l’île Saint-Martin où de nombreux touristes s’émerveillent devant la rosée aquatique. Cet endroit magique est un rendez-vous incontournable de la ville. Adossé au massif de la Clape, ce spectacle fascinant a un secret enfoui dans les différents bassins.

Près des dunes de salins se cachent d’autres perles touristiques. Notre guide dévoile ses cartes tout au long de la visite. Elle surprend et étonne le visiteur par la beauté des sites inconnus.

Pascale emprunte d’autres chemins et rejoint le Minervois. Depuis 1985, l’AOC reconnaît la qualité des cépages et le savoir-faire des viticulteurs. Plus de 170 caves et 35 caves coopératives partagent les 4 400 hectares. Notre amoureuse du terroir nous fait découvrir une tout autre spécialité.

L’Oulibo ©By Toulouse

Nous retrouvons Emy, salariée de L’Oulibo à Bize-Minervois. Depuis 1942, la coopérative oléicole promeut l’excellence des producteurs d’olives présents dans l’Aude, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Près de 1000 adhérents se succèdent au sein de cette usine artisanale. Ici, la politique productive s’éloigne considérablement des grandes industries.

L’Oulibo applique une charte qualitative dans le respect des produits et des adhérents. Les coopérateurs sont rémunérés au prix juste et assure une visibilité au patrimoine oléicole de la région Occitanie.

Lors d’une dégustation, elle présente les deux variétés de l’Oulibo : la Lucques et la Pitcholine.

Emy ©By Toulouse

Emy émet sa passion au grand public. Elle vit la genèse de ce fruit, porte le caractère, la saveur des deux olives de la coopérative. Cet été, elle capte principalement les familles. Les enfants suivent attentivement les conseils d’Emy et goûte sans râler, l’arôme des deux huiles.

Les yeux de Pascale pétillent devant l’animatrice. « Nos groupes ressortent toujours ravis de l’Oulibo. La visite est complète et s’adresse à tout le monde. Elle débute par une balade dans le champ d’olivier, une présentation de la coopérative, la dégustation et se termine par un accès à la boutique. Généralement, chacun repart avec un produit de l’Oulibo. » explique Pascale.

Chaque année, 120 000 visiteurs découvrent ce patrimoine 100 % local. La crise sanitaire a changé le profil et le mode de consommation des vacanciers.

« Notre site a véritablement explosé par le nombre de réservations et de commandes. Durant nos visites, nous rencontrons des familles qui habitant à 100 km de Bize-Minervois. » déclare Emy.

Les restaurateurs de l’Auberge de la Sellette constate la même fréquentation. À deux pas de l’Oulibo, Kris et Arne Leirs accueillent avec joie, Pascale. Les trois épicuriens entretiennent une relation de confiance. La carte honore la gastronomie française par sa simplicité et la qualité des plats. Son cadre sublime l’instant présent.

Salade de pastèque ©By Toulouse

Le crumble aux abricots finalise cette pause gourmande pour repartir dans l’arrière-pays. Le trajet est une visite permanente. On passe des vignes à la ville, du vert des champs au gris des trottoirs. On s’arrête si on ne connaît pas cette merveille. Pascale fait une halte au Port du Somail.

Ce hameau de près de 500 âmes est une étape importante pour les admirateurs du Canal du Midi. Ils immortalisent le fabuleux pont de pierre construit avant 1683, la péniche-supermarché ou encore la librairie « Le Trouve Tout du Livre ».

La librairie « Le Trouve Tout du Livre » ©By Toulouse

Installée au Somail en 1980, cette dernière réveille le charme pittoresque d’une ancienne cave. Cet écrin propose 50 000 livres en bordure de canal. La librairie est une référence pour les lecteurs, une parenthèse pour les touristes et une inspiration pour les auteurs.

« Au Somail coule la source où chacun et chacune peuvent venir s’abreuver de livres qui font partie de la vie autant que l’eau du canal, les cigales de la garrigue…Toutes les époques sont là… Au Somail, les livres sont vivants. » écrivait René Depeste (Prix Renaudot 1986) sur le livre d’or du lieu.

« Le Trouve Tout du Livre » a pris naissance à Paris en 1960. La famille Gourgues orientait essentiellement la librairie vers un service de recherches et d’envois de livres par correspondance.

Comme Pascale, les gérants étaient en quête d’évasion, d’espace et de sens. L’Aude leur a apporté une seconde vie tournée vers l’humain et la connaissance.

Sur les étagères du premier étage de la librairie, on peut certainement trouver l’histoire mystérieuse de l’Abbé Saunière. Rennes-le-Château est une destination aimée par les clients de l’agence de voyage et réceptive Aud’étour.

Située à 475 mètres d’altitude, le village de 80 habitants regorge de secrets et de mystères. En 1885, l’Abbé Saunière est nommé dans cette paroisse désertée. La commune subit de plein fouet l’exode rural qui frappe les Hautes-Corbières.

À son arrivée, le religieux entreprend les travaux de rénovation de l’église Sainte-Marie-Madeleine. À titre principal, il construit autour de l’office, un véritable domaine comprenant une villa de style néo renaissance, la Tour Magdala d’aspect médiéval, un magnifique jardin, une orangeraie…

Rennes-le-Château se dote d’un lieu fastidieux et contribue à l’embellissement de ce charmant village. Les habitants saluent la présence et l’engagement de l’Abbé Saunière pour sa commune. Seulement, ses positions antirépublicaines déclarées en chaire et ses travaux luxueux suscitent l’interrogation des locaux et l’indignation de l’évêché et du Ministre des Cultes. Les rumeurs de trésors s’emparent de la montagne. Dimitri, guide-partenaire de Aud’Etour, nous éclaire sur les symboles de l’office, pièce pionnière de cette intrigante histoire.

Pascale reste ébahie par les chapitres de ce récit, digne d’un polar. Il se dit même que Dan Brown s’est inspiré des secrets de Rennes-le-Château pour l’écriture de son célèbre best-sellers « Da Vinci Code ».

Vue panoramique ©By Toulouse

Outre cette énigme, le village offre une vue panoramique absolue sur les Hautes-Corbières. On aperçoit à quelques kilomètres, le pic de Bugarach. Ce dernier a eu une renommée mondiale en 2012 grâce à la prétendue fin du monde. Bugarach figurait comme le refuge parfait à la survie.

La Maison Guinot ©By Toulouse

Cette journée se termine à Limoux, ville mondialement connue pour sa blanquette. Pascale nous présente Michel Guinot, propriétaire de la Maison Guinot. Depuis six générations, le domaine familial contribue au rayonnement de ce vin à mousse naturelle. 70 % de sa production est exportée principalement en Chine et en Italie.

Cette conquête du marché étranger est inscrite dans la tradition. Dès 1919, la Blanquette Guinot se trouve sur les tables de la cour du tsar Nicolas II de Russie.

©By Toulouse

En 1875, Gédéon Guinot crée la Maison et élabore la Blanquette de Limoux. Il s’inspire de Cliquot en utilisant la « Méthode Champenoise ». Il applique quotidiennement le remuage manuel et dégorgement à la volée pour éliminer le dépôt naturel dans les bouteilles. À lui seul, il retournait chaque jour, 10 000 bouteilles en 1 heure.

Michel Guinot, propriétaire de la Maison Guinot

Encore aujourd’hui, les descendants sont les seuls à Limoux à pratiquer les méthodes de leur ancêtre.

Ce geste caractérise toute la qualité et la tradition de leur vinification. La production a considérablement augmenté puisque plus de 30000 bouteilles sont tournées chaque matin.

©By Toulouse

Le fondateur de la Maison Guinot est bien présent dans le domaine. Gédéon est le personnage central du spectacle Bulles & Lumières. La propriété nous immerge au cœur de son histoire. On découvre la naissance de la blanquette, le savoir-faire de la propriété et les bienfaits de ce vin pour un événement réussi.

©By Toulouse

La Blanquette révèle ses lettres de noblesse grâce à cette visite ludique et spectaculaire. Souvent méprisé par les toulousains, on apprend que nous ne connaissons pas grand-chose sur ce vin d’exception.

Cette journée cadencée n’a rien d’un parcours traditionnel. Incontestablement, Pascale est plus qu’une organisatrice de voyage. Elle guide ses clients comme une amie qui amènerait ses convives dans les plus beaux recoins de l’Aude.

« Certes, nous avons l’obligation d’assurer nos visites au mieux pour promouvoir notre territoire et nos produits. Nous le faisons aussi car nous sommes recommandés par Pascale. Il est hors de question de décevoir ses clients. Il y a une réelle réciprocité et collaboration entre nous. » précise Michel Guinot.

Pascale ©By Toulouse

Ce sentiment est ressenti dans toutes les visites du département. Pascale place le client au cœur du parcours. Elle est inévitablement la plus-value audoise.  

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