Le Grand Hôtel d’Orléans est une référence toulousaine. Son nom est un clin d’œil à la première grande liaison de la Gare Matabiau, située à proximité du lieu. Le 72 rue de Bayard a vu de nombreux illustres assis à la table de “La Ripaille” et de nombreuses familles venues visiter la ville rose.

Brigitte et Céline Hugounet

Aujourd’hui, Brigitte et Céline Hugounet portent avec enthousiasme et fidélité, l’établissement familial. Le réaménagement complet du bâtiment valorise l’héritage du grand-père Edouard Hugounet. Ce dernier était producteur de spectacle. Il concevait sa vie mondaine autour de l’art de recevoir.

Acteur d’une épopée

À la fin des années 60, il achète ce bâtiment datant de 1856 pour accueillir les stars. Il délaisse la partie hôtelière pour ouvrir au pied de l’immeuble, le restaurant La Ripaille. Sa personnalité fait de ce lieu, une institution toulousaine. Les journalistes de La Dépêche dont le siège se trouve à quelques mètres, dégustent quotidiennement la traditionnelle soupe à l’oignon. Cette effervescence prend fin au début des années 80.

Le déménagement du journal régional signe la fin de l’épopée de cette artère toulousaine. La clientèle devient plus festive et plus incontrôlable. Les parents délaissent la restauration pour développer l’image de l’hôtel.

La simplicité et la convivialité sont deux valeurs inscrites dans l’ADN du Grand Hôtel d’Orléans. La mère des deux sœurs, fille de cantonnier et de femme de ménage, disait : « Pour gérer un hôtel, il suffit d’un sourire et de la propreté ». Brigitte et Céline suit rigoureusement cette ligne directrice.

Un espace de vie

Poussées par leur père, elles prennent la succession en 2010. Leur idée est d’abattre les clichés de l’hôtellerie et de rendre l’établissement accessible à tous.

« Les gens n’osent pas franchir la porte d’un hôtel pour boire seulement un café. Ici, nous pouvons travailler, profiter de nos chambres pour un week-end touristique ou se restaurer » précise Céline.

Ce magnifique immeuble du XIXe siècle dispose de 55 chambres entièrement refaites. Le mobilier d’époque donne du cachet et du prestige au lieu. La végétalisation est présente à l’intérieur comme dans la cour centrale. Derrière les façades uniformes, on n’imagine pas la profondeur du bâtiment.

On se retrouve entre amis, en famille ou s’isole pour travailler au calme. Personne n’est attaché à une spécificité ou restreint par un service. Le petit-déjeuner n’est pas seulement réservé au client de l’hôtel. Le riverain peut déguster les préparations du buffet ou opter pour une formule express comprenant une boisson chaude, un jus d’orange frais, deux viennoiseries ou une tartine pour seulement 4€50.

L’hôtel comprend également 5 salles de séminaires. Des naturopathes l’occupent pour des séances bien-être, les entreprises, pour des réunions corporate…. Céline rend l’accès possible aux étudiants.

« Si la salle est disponible, ils peuvent profiter de l’espace pour travailler. Ils ont le wifi, à l’échange d’une consommation. Ils nous appellent et si la salle est libre, on leur offre avec grand plaisir » précise-t-elle.

Cette synergie fonctionne grâce à la polyvalence des employés. Ils ne sont pas cantonnés à un seul rôle.

« Il y a du staff en permanence. Je veux que nos employés s’épanouissent au niveau du travail. Si la personne qui nettoie les chambres en a marre, elle peut aller à l’accueil ou servir le café. » ajoute la co-gérante.

Le retour de la Ripaille

Le renforcement de l’équipe assure la nouvelle vie de La Ripaille. En 2018, Brigitte et Céline décident de redonner une âme au restaurant, sans dénaturer la ligne du grand-père. Comme avant, elles proposent une cuisine simple faite de produits frais et remettent à la carte, la soupe à l’oignon. Les prix sont justes grâce au savoir-faire de leur chef cuisinier.

« Notre chef excelle dans la découpe. Il achète le train et réalise de belles côtes de bœuf. Son savoir-faire permet de supprimer un service supplémentaire et rendre la pièce au prix juste. » souligne Céline.

À partir de 4,50€, nous avons une entrée délicieuse comme les œufs mimosas à l’image du croque-monsieur à 2frs proposé ici en 1970. Cet établissement hôtelier indépendant a traversé les époques, malgré les crises (sociétales, sanitaires) et la concurrence des groupes. La survie du Grand Hôtel d’Orléans est due à l’engagement sans faille du service et à l’attachement passionné au lieu.

Travailler toute une vie pour avoir de l’argent n’était pas le but du père de Brigitte et Céline. Il voulait simplement transmettre son goût pour l’entreprise et ce patrimoine toulousain à ses filles. L’entrepreneuriat est un bagage lourd dont les propriétaires le portent avec force, courage et fierté.

Crédit photo: Le Grand Hôtel d’Orléans