Au XVIIIe, Toulouse comptait deux prisons civiles : celle de l’Hôtel de Ville pour les criminels et la maison d’arrêt du Sénéchal pour les prévenus et les peines correctionnelles. Cette dernière ne suit plus face à la multiplication des réformes pénitentiaires. Le lieu souffre cruellement de places.

La Prison Saint-Michel

L’architecte de la Ville et du département Jean-Jacques Esquié préconise ses solutions dans un rapport daté du 11 août 1854. Il prévoit la transformation de l’ancienne prison de la place du Parlement en prison pour les femmes et la création d’une prison pour homme à proximité de la première. Si le projet est rapidement accepté, le chantier va connaître des difficultés.

Priorité à l’Hôpital Marchant !

Le Projet Esquié débute rapidement grâce à l’accord du Ministre de l’Intérieur en 1856 et du Conseil Général de la Haute-Garonne en 1857. L’année suivante, le département achète à un bon prix les terrains agricoles convoités pour l’implantation de la nouvelle prison.

Cependant, Jean-Jacques Esquié est sur un autre projet qui coûte cher à la collectivité. L’asile de Braqueville, connu sous le nom de l’Hopital Gérard Marchant, est en cours de financement. Le plan d’investissement est supérieur à la prévision initiale. Cet imprévu retarde de quatre ans le chantier de la Prison Saint-Michel.

L’asile de Braqueville (l’Hôpital Marchant)

Il y a de l’orage dans l’air !

En 1862, la construction de l’établissement pénitencier débute enfin. Si les travaux avancent à grands pas, un événement les stoppent immédiatement. Un violent orage s’abat sur la ville. L’intempérie cause l’effondrement de deux bâtiments. L’événement plonge de nouveau les caisses du département dans le rouge.

Bagarre entre les collectivités !

La situation financière est au plus bas. Le Conseil Général de la Haute-Garonne compte sur la vente de la Prison du Sénéchal pour financer une partie de la nouvelle prison. Seulement, la Ville conteste sa propriété. Le litige se creuse et contredit le vœu du département.

Destitution de l’architecte

En 1867, Jean-Jacques Esquié finalise le gros œuvre. Les ouvrages principaux (serrureries, menuiseries) finissent d’être achevés. La façade vue sur la Grande rue Saint-Michel n’est pas encore terminée. Hélas, le Département le destitue pour des raisons politiques et nomme Edmond Chambert.

L’architecte respecte les plans de son prédécesseur tout en apportant quelques modifications au plan d’ensemble. Il crée deux quartiers pour les femmes et passe les dortoirs de six à dix-huit lits.
La Prison Saint-Michel peut accueillir 400 détenus.

Jean-Jacques Esquié – Photo: Les Amis de Villemur

La guerre s’immisce dans les délais

Après huit ans de travaux, la prison est prête en 1869. Seulement, la guerre franco-prussienne retarde l’arrivée des premiers prisonniers. La fin est déclarée le 29 janvier 1871. Immédiatement, le bâtiment est réquisitionné par l’intendance militaire pour recevoir les blessés. Ce n’est qu’en 1872 que les premiers détenus passeront la porte. Le projet de la Prison Saint-Michel aura durée onze ans.

Crédit photo de l’image à l’Une: patrimoine.laregion.fr – Documentation: lebusca.fr